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En zone de guerre, sans être embarqué
Deux reporters racontent leur expérience de l’investigation en zone de guerre.
Paul Moreira (Premières lignes, France): « Quand vous êtes à coté de quelqu’un qui a un RPG, vous faites partie du problème, pas de la solution. – Etre totalement prisonnier d’un « embedement » (intégration dans une unité des forces armées) c’est un désastre pour l’information. – A travers l’embedment, il y a eu une vraie volonté d’influencer la perception du public ». On m’a proposé d’aller avec des unités de reconstruction. »
Stephen Grey (freelance, Grande-Bretagne): « Les fixers ne sont pas là uniquement pour interpréter ou vous guider. Ils sont une véritable porte d’entrée. On ne parle jamais des reporters locaux alors qu’ils sont toujours sur le terrain avec nous. Le problème c’est qu’ils ne peuvent pas fuir, et ils travaillent avec nous parce qu’ils sont désespérés. Certains dangers sont induits par l’organisation des médias. Parfois les producteurs et les fixers disent qu’il est temps de partir, et il faut gérer la pression des médias étrangers. »
« En temps de guerre, il n’est pas facile de errer dans la zone de manière indépendante, c’est pour cette raison que ce type de journalisme a toujours existé. »
Paul Moreira: l’immense majorité des journalistes qui ont été tués en Irak – et c’est vrai, il faut dire journaliste et pas fixer – sont des journalistes irakiens. »
« Souvent, en terrain de conflit, la prise de risque dure quelques minutes, pour traverser telle ou telle rue. C’est une décision personnelle, on peut le faire, attendre que les tirs cessent, etc. Mais on peut être en conflit en sécurité une bonne partie du temps. »
« Il ne faut pas faire de l’embedment un choix de pratique, car vous allez à termes avoir une vision totalement distordue de la situation. »
