Muntazer Al Zaïdi: « Libérer l’Irak »

25 avril 2010, 10:25

Luc-Olivier Erard

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Muntazer Al Zaïdi est irakien. Journaliste depuis six ans, il est devenu mondialement connu en lançant sa chaussure en direction de Georges Bush lors d’une conférence de presse, mais il est surtout un journaliste réputé pour son courage et la qualité de ses reportages. Il évoque le travail dans son pays en guerre.

« Le journalisme en Irak depuis l’invasion américaine est la profession la plus dangereuse. – Il n’y a pas de protection fournie aux journalistes, et ils sont plus exposés que quiconque. Les belligérants sont convaincus que quiconque vient avec une protection fait partie des forces d’occupations. Nous avons constaté 700 agressions de journalistes en 2009: assassinats, agressions, confiscations de matériel, etc…

Guerre civile, occupation et présences de différentes milices rend les circonstances du travail extrêmement difficile. »Je suis resté 50 jours a Sadr-city, l’un des deux seuls journalistes à demeurer dans cette ville pour couvrir ». Il diffuse pendant la conférence un message qu’il a enregistré pour « quiconque trouverait son téléphone » après les bombardements.

Après une bombe

« Les groupes armés sont très méfiants à l’égard des médias. Tout journaliste étranger travaillent à leurs yeux pour l’occupant américain. Il doit donc expliquer comment il compte faire son reportage. Beaucoup de personnes se sont rendus en Irak sous couvert de journalisme, mais étaient là pour le jeux américain. – Beaucoup de collègues ont été kidnappés par des groupes armés. Les voitures piégées sont aussi des événements quotidiens. Un grand nombre de journalistes ont été victime de la deuxième bombe qui explose généralement un quart d’heure après. La tension est très forte, les gens sont hystériques, les balles sifflent, les gens sont terrifiés qu’une deuxième voiture piégée arrive, donc il ne faut pas que les journalistes s’approchent pour avoir une meilleure image. Utilisez un zoom afin d’éviter d’être atteint. Il ne faut pas non plus s’approcher des corps des victimes car ils sont généralement entourés par les familles et beaucoup de journalistes ont été agressés par des proches des victimes. »- La protection peut être aussi cachée, il faut utiliser des voitures locales, etc.

Retour au calme

« Les soldats sont généralement très jeunes, ils disent en général qu’il est interdit de filmer les événements alors qu’il n’existe aucune loi de ce genre. Il vaut donc mieux attendre le retour au calme pour couvrir l’événement. Je vous conseille de dissimuler les appareils et les pellicules. Mais ils les retrouve souvent lors des fouilles, alors il faut essayer de leur donner une copie. »

« Une fois que votre couverture est terminée, il faut quitter les lieux sur le champs. Mes sources sont différentes de sources traditionnelles d’information. Les citoyens, les policiers, les députés aussi bien que les cireurs de chaussure.

Les petites agences médiatiques qui ne veulent pas jouer le jeu des Américains ne sont pas soutenus. Elles sont attaquées par les grandes agences. C’est de plus en plus dangereux.

Pourquoi j’ai jeté ma chaussure

Une dictature ne donne pas le droit à une puissance étrangère d’occuper un territoire. Le changement doit venir des pays arabes. Des sinppers s’amusaient à tirer sur des gens. J’ai été kidnappé pendant trois jours parce que je couvrais ces événements dans Sadr-city. Ce qui me bouleversait, c’était mon coté humain. J’ai laissé mon badge de journaliste, je n’ai même pas emporté mon stylo, et je savais que je risquais ma vie. Tuer un chien en Californie, c’est très grave, mais en Irak, le citoyen irakien n’est pas considéré autant qu’un chien américain.

Que faire?

Libérer l’Irak. – faire preuve de transparence sur ce qui se passe aujourd’hui en Irak. – Empêcher l’accroissement de la corruption.

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