Rue89 sort du bureau
Rue89 chasse les tendances (faire l’amour dans la rue), analyse (Marée noire, un nouveau Tchernobyl), fait des listes (Où sont logés les ministres?), raporte (Sur la piste des pirates).
Principale caractéristique: participatif. Sur le web depuis 2007, Rue89, fondé par Pierre Haski, fait de l’actu un peu impertinente et décalée grâce à un mélange dosé de journalistes, d’experts et d’internautes. C’est cette info « à trois voix » qui fait son originalité.
Mais voilà… Rue89 engendre des troubles musculo-squelettiques et des problèmes de vue. Rue89 nuit à la productivité du manœuvre digital. Rue89 se lit difficilement dans le métro.
Rue89 nécessite une connexion haut-débit, plusieurs kilos de plastique, des mètres de câble, un « système d’exploitation », un investissement de base conséquent, des compétences en bureautique, un débit d’électricité constant, un environnement raisonnablement ombragé. Rue89 n’est ni du soir, ni du matin, sort en permanence, mais toujours par surprise. Rue89 est un site web.
Alors, à Rue89, ils ont eu une idée… Et si on rendait l’info accessible?
Désormais, Rue89 est en kiosque, sur papier. Format réduit, couverture bien calibrée, police claire et précise, illustrations en haute déf’, infographies sans flash, mais en couleurs. Bref, un magazine, qui rassemble le meilleur du site. Il ramène du web quelques recettes tout à fait imprimables, comme des commentaires de lecteurs, et une maquette un rien déstructurée. Il ne pèse rien, on l’embarque avec soi pour les moments creux de la journée, on se marre d’avoir ouvert dans le bus la double page sur le zizi accidentel, et on se dit qu’au bureau, on pourra directement se mettre à bosser, ou bien aller sur sokiosque pour revoir la fameuse pub pour un journal finlandais, Ilta Sanomat…