Citations

17 juin 2010, 10:14

Luc-Olivier Erard

0

Petit recueil de citations à propos de la presse écrite

Influence: « On est influencé par quelqu’un même si on ne l’aime pas, car même si on n’apprécie pas une opinion, une fois connue, elle fait partie du champ des possibles. Si vous n’êtes pas médiatisé, vous n’avez pas accès au public et n’avez pas de possibilité d’exister dans son esprit. » Samuel Bendahan, chercheur, interviewé par Bilan le 22 juin 2011

Maitrise des langue: “If you don’t know a foreign language, you don’t know your own language.” Joseph Deiss, Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, citant Goethe. Yale Daily News, 25 mars 2011.

Contenu; Aggregation: « Last month, when AOL bought The Huffington Post for $315 million, it was portrayed as a sign that AOL is moving into the business of creating stuff — what we used to call writing or reporting or journalism but we now call “content.” Buying an aggregator and calling it a content play is a little like a company’s announcing plans to improve its cash position by hiring a counterfeiter. » Bill Keller, All the Aggregation That’s Fit to Aggregate, New-York Times, 03/10/11

Democracie: « I know, when stories are told well, that you make people care. By making people care, you set the agenda. That is, without the objective of being political activists, but just by telling the truth. » Christiane Amanpour, broadcast journalist, CUNY Graduate School of Journalism, 2010

Investigation: « L’affaire Hainard n’est pas l’enquête la plus difficile de ma carrière. Il en a tellement semé qu’il n’y avais qu’à se pencher pour ramasser ». Ludovic Rocchi, Le Matin, lauréat du Prix Dumur 2010. Médialogues, 19 novembre 2010.

Presse gratuite et qualité: « Je suis effaré par les études dites universitaires qui prétendent que l’apparition de la presse gratuite a provoqué une baisse de la qualité de la presse en général. Car précisément, le lecteur n’est plus captif d’un seul journal, d’une seule idéologie. Celui qui lit un gratuit est le même qui lit Le Temps et qui s’informe sur le Web. Chaque média a sa fonction, et la fonction du gratuit, c’est de nous divertir. » Eric Hoesli, directeur éditorial d’Edipresse, Le Temps, 23 et 24 octobre 2010.

Qui écrit? « La quetion du format, des supports, importe peu. On lit les journaux ou le Web pour donner un sens au monde dans lequel on vit. Mais tout sens se perd si on ne sait pas qui parle, d’où et pourquoi. » Jonathan Littell, écrivain, rédacteur en chef invité du Temps, 23 et 24 octobre 2010.

Gratuité et information: « Dans le cas d’un texte consulté en ligne, la suppression des frais d’impression et de diffusion ne réduit pas d’un centime les autres dépenses. Si émettre une opinion plus ou moins informée est assurément bon marché, la fonder sur une enquête ou sur une connaissance requiert du travail et de la peine. (…) Un travail journalistique à plein temps doit, à l’égal de n’importe quel autre emploi professionnel, être rémunéré en vertu de cette règle élémentaire qui veut que toute peine mérite salaire. Est-il légitime que cette rémunération soit entièrement mise à la charge des acheteurs de journaux et des abonnés, pendant que la plupart des internautes joueraient un peu le rôle de « passagers clandestins » ? » Serge Halimi, Le Monde Diplomatique, Appel aux lecteurs, 7 octobre 2010.

Journalisme citoyen: « C’est un fait, la production d’information à valeur ajoutée reste très majoritairement un métier de journalistes. Il suffit pour s’en convaincre de regarder d’où viennent les innombrables scoops sur l’affaire Woerth/Bettencourt: aucun n’est signé d’un média citoyen. En fait, seule la fonction d’alerte sur un gros événement s’est vraiment démocratisée. » Vincent Glad, journaliste, Slate.fr.

Mediapart et l’affaire Woerth: « En France, les rédacteurs de Mediapart qui enquêtent sur l’affaire Woerth-Bettencourt se sont vu reprocher des méthodes « fascistes ». Vouloir bâillonner la presse n’est jamais très sain en démocratie. Insulter les enquêteurs en les assimilant aux pires dérives du XXè siècle dénote une inculture rare et une légèreté insupportable. » Chantal Tauxe, rédactrice en chef adjointe, L’Hebdo du 15 juillet 2010.

Hot News et propriété intellectuelle: « The most dangerous defensive tactic parried by legacy news organizations today is their attempt to claim ownership of “hot news” and prevent others from repeating what they gather at their expense for as long as they determine that news is still hot. It is a threat to free speech and the First Amendment and our doctrines of copyright and fair use. It is a threat to news. » Jeff Jarvis, sur son blog BuzzMachine, 28 juin 2010.

Contenu: « Mes confrères omettent de se remettre en cause eux-même. (…) Les français ont la presse qu’ils méritent. Ils ne sont pas assez exigeants. Ils ont cessé de l’acheter et la laissent s’enfoncer dans la crise. (…) Cet aspect du contenu reste le grand oublié de cette crise. » Léonard Vincent, journaliste, On en parle, sur La Première, 5 juillet 2010.

Diversité: « Souvent, les responsables éditoriaux essaient de se faire une représentation du lectorat qui est caricaturale. Pour atteindre le plus grand nombre, on vise le peuple, soit les coiffeuses et les caissières et on isole tout ce qui est qualifié d’élite, soit un contenu plus complexe ou des phrases plus longues. Cette attitude procède d’un triple mépris: envers les coiffeuses pour lesquelles on pense qu’elles n’ont pas d’élévation intellectuelle, envers l’élite que l’on imagine séparée du reste, vivant dans sa tour d’ivoire, et envers les journalistes qui doivent oublier toute notion de plaisir et produire un matériau grand public et monosyllabique. » Christophe Gallaz, écrivain et journaliste, Edito 03, 2010.

Objectivité: « Oui, je suis un individu qui a des partis pris. Je ne les cache pas, j’arrête de faire semblant de ne pas en avoir. Mais je suis journaliste dans la mesure où j’accueille volontiers ce qui me contredit, et j’ajuste en conséquence ma représentation de la réalité. » Alain Maillard (RSR), journaliste, Edito 03, 201o.

Perte de crédit des médias: « L’opinion publique a vu faire corps journalistes et hommes politiques d’un seul et même élan comme une sorte de solidarité et de complicité qui les ont emportés. » Pierre Assouline, journaliste, dans Médialogues, sur La Première, 25 juin 2010

Elections aux Pays-Bas: « Certains journalistes maîtrisaient le sujet, mais me racontaient que leur rédacteur en chef ne comprenait rien et qu’ils étaient obligés de faire des reportage du genre Oui-oui chez les Bataves. Les autres n’avaient aucune idée de ce qui se passait. Pas étonnant, donc, que les médias disent de telles bêtises: il y a toujours quelqu’un dans la hiérarchie de l’info pour introduire des erreurs ou zapper les éléments importants. » Laurent Chambon, journaliste, Slate.fr, 16 juin 2010

Naufrage d’une jeune navigatrice: «Within a few minutes of being on board the fishing boat, I was already getting calls from the press. I don’t know how they got the number but it seems everybody is eager to pounce on my story now that something bad has happened.» Abby Sunderland, 16 ans, navigatrice, qui a tenté de faire le tour du monde, et a été recueillie sur un bateau de pêche français dans le sud de l’Océan indien. Abby’s blog, 12 juin 2010

Nouvelle rédactrice-en chef au Matin: «Je pense que nous devrons mieux définir [Le Matin] par rapport à la presse régionale, celle de Neuchâtel, de Fribourg, du Valais ou du Jura. Ses qualités propres ne sont pas en cause, mais la presse régionale est parfois moins libre qu’un média suprarégional, ou alors elle discerne moins bien les problèmes.» Sandra Jean, rédactrice en chef du Matin. Le Temps, 7 juin 2010.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *