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Distribués par habitude, vendus par hasard?

Magazines pliés

Il existe bien des chroniqueurs littéraires,  des critiques de cinéma ou des commentateurs sportifs. On peut faire son métier de la comparaison des mérites de deux bandes dessinées rééditées ou de l’arrivée sur le marché d’un nouveau savon. Pour toutes ces matières, des catalogues présentent, trient, évaluent. Ça n’existe ni pour les cigarettes, ni pour les Sugus… ni pour les journaux, qui continuent à être empilés dans les kiosques, vaguement triés par parfums, comme n’importe quelle barre chocolatée.

Autant dire qu’à part pour les quelques canards qui ont leur manchette, ou qui sont placés un peu en vue par la grâce d’une action marketing ruineuse, le seul espoir d’être lu, pour un journal, c’est d’être déjà repéré, ou demandé par les éventuels téméraires qui oseraient questionner le vendeur alors que trépigne déjà, juste à coté, l’impatient joueur de loto compulsif.

Chaque semaine, le papier que l’on dit mourant s’empile par stères, entre les clopes et les bonbecs. Le problème, c’est que si vous aimez les Haribo, vous êtes à peu près certains d’en retrouver en tout temps, de même composition. Ce n’est pas le cas pour les journaux. Evident? Dans n’importe quel kiosque, les journaux sont alignés tellement serrés qu’il est impossible d’en deviner le contenu. Faites mine d’en lire le sommaire et vous serez immédiatement remis à l’ordre! La vente des journaux a ceci de paradoxal qu’ils sont les seuls produits que l’on ose acheter sans savoir ce qu’il y a dedans, alors qu’à chaque fois leur contenu est différent!

Si vous cherchez un sujet ou un titre en particulier, rares sont les kiosquiers en mesure de vous dire quoi que ce soit sur l’arrivage de la semaine: les listes qui leurs sont fournies sont apparemment trop lacunaires pour indiquer si tel ou tel journal n’est plus distribué, épuisé, disponible dans une autre échoppe ou simplement mort.

Alors que dans beaucoup de librairies, il est encore possible de se fier aux coups de cœur des professionnels qui mettent en avant un ouvrage ou un autre (même si cette habitude tend à être remplacée, là aussi, par des actions concertées de marketing), les journaux mis en « tête de gondole » appartiennent aux groupes les plus aisés financièrement, sans considération pour l’originalité, la nouveauté, ou simplement la variété. La situation des kiosquiers est, il est vrai, plus que précaire, cela dit, quelques expériences intéressantes commencent à se voir dans l’organisation des kiosques. Ça et là, certains grands kiosques de centre commerciaux mettent en évidence plus de titres.

Quant à moi, je fouine dans les kiosques abondamment en raison de mon travail (et de vieilles habitudes…) je ferai donc partager quelques-unes de mes trouvailles.

(A propos des kiosques, lire par exemple cet article de l’Express (F – Hebdo) paru en 2008).

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